Décembre 2018 : des semis de céréales compliqués

Par Mathieu Marguerie

L’automne 2018, bien différente de celui de 2017 a été marqué par une pluviométrie importante, voire excessive selon les secteurs de la Provence. La fenêtre de semis s’est brusquement refermée vers le 23-25 octobre, avec es cumuls de pluie jusqu’au 24 novembre atteignant 300 à 400 mm. De ce fait, les semis ont très souvent été perturbés, sauf sur les Hautes-Alpes et dans les secteurs « froids » (Plateau D’Albion) où leur habituel précocité a permis de semer avant les pluies.

Surveiller les semis précoces en bio

Les quelques semis post-période pluvieuse, notamment en zones sud (sud 04, 13, 84, 83) seront à surveiller en raison du risque important de salissement (ray grass, vulpin) et de l’importante pression de cicadelles et de pucerons du moment. Les semis de fin novembre, début décembre, bien qu’ayant théoriquement un potentiel de rendement affaibli par rapport à des semis précoces, seront moins sensibles à ces risques, ce qui est un atout en bio en l’absence de moyens de lutte efficaces. En termes de déterminations des potentiels de rendement, ce sont, comme souvent, les températures hivernales qui seront juges. Au vu des semis tardifs, le tallage des blés risque néanmoins d’être pénalisé, tout comme leur enracinement. Les agriculteurs bénéficiant de l’irrigation pourront espérer rattraper les rendements en favorisant un meilleur enracinement.
Pour les semis non encore réalisés, la dose doit être augmentée pour compenser les futures pertes de levée hivernales à au moins 400 grains/m².

Surveiller l’azote et favoriser les apports précoces

Au vu des pluies importantes, les reliquats azotés réalisés jusque maintenant sont assez faibles, quelque soient les précédents (entre 10 et 30/40 unités).
Des apports précoces et importants (50 à 70 unités) sont donc conseillés pour le début d’année 2019. Usuellement, les apports les plus efficaces sont réalisés jusque fin février ou tout début mars en raison des conditions d’humidités potentiellement plus importantes qu’au printemps. Cette année, au vu des retards de développement du blé par rapport à une année où les conditions de semis sont plus favorables, des apports dès mi-février et jusque début mars paraissent judicieux pour concilier le climat favorable à leur valorisation et les besoins du blé en fonction de son stade de développement. L’azote disponible ne sera pas suffisant pour assurer un tallage correct, et encore moins pour entamer sereinement la montaison. Des blés semés mi-novembre seront au stade « épi 1 cm » mi-mars, alors que semés mi-décembre ils le seront fin mars si l’on prend en compte le climat médian depuis 2000.
Agribio 04 peut aider ses adhérents au pilotage de la fertilisation azotée via la mesure de reliquats. Vous pouvez nous contacter au besoin.


Figure 1 : besoins en unités d’azote par quintal de grains produits de différentes espèces.


Figure 2 : calcul de la dose d’azote à apporter