retour sur observations de prairies de mélanges graminées/légumineuses sem37 (sept 2019)

rédaction : Patrick Quinquet, conseiller elevage bio, Agribio05

Voilà un bilan de quelques observations de prairies faites sur le secteur de Piégut début septembre.

Ces mélanges, tous de type Saint Marcellin, implantés en 2018 et conduits sans irrigation, montrent les intérêts de certaines espèces et associations pour la résistance à la chaleur et au sec, comme ce fut le cas cet été.
Le mélange 1, correspondant au Saint Marcellin pur, est celui qui résiste le mieux. La fétuque notamment est très présente sur la parcelle et a bien remplacé le raygras anglais qui a poussé au printemps. Le dactyle par contre est peu présent, malgré un semis aussi dense que la fétuque (en nombre de graines) et on le retrouve plutôt dans les zones ombragées. Malgré tout il reste une espèce habituellement bien adapté au sec.

Le trèfle blanc qui a une tige plus courte est bien présent car protégé par les autres espèces. Le lotier, dont la pousse est relativement bien étalée sur l’été, a parfaitement joué son rôle de « bouche-trou » en comblant les zones de manques. Malgré le sec et il est bien présent et sa pousse est très correcte. Il est une espèce à privilégier dans les mélanges.

Les deux autres mélanges ont eu une très forte pousse au printemps, grâce au trèfle violet. Mais celui-ci a pris le dessus sur les autres espèces qui s’expriment donc moins. Le trèfle souffrant du sec, c’est tout le mélange qui en pâtit pour cet automne. A l’avenir, il serait conseillé de respecter les mêmes doses de semis pour le mélange en diminuant le trèfle violet à 2-3 kg/ha. Ainsi il laisserait plus de place aux autres espèces qui sont plus pérennes et améliorerait la durabilité de tout le mélange.
On peut noter aussi la présence de graminées plus diversifiées : fétuque des prés et fléole. Ces deux espèces sont tolérantes aux conditions froides des zones de montagne et s’accommodent bien des terrains moyens. Elles favorisent donc la pérennité des mélanges en cas de conditions difficiles.

Ces observations encouragent à privilégier des mélanges capables de résister aux à-coups climatiques des zones de montagne : fétuque élevée, un peu de dactyle, fléole et fétuque des prés pour les graminées ; lotier, trèfle blanc et bien sûr luzerne pour les légumineuses.

Ces espèces peuvent être associées à d’autres qui ont moins de pérennité pour favoriser de meilleurs rendements les premières années : raygras anglais et hybride, trèfle violet, sainfoin… Leur semis doit tout de même être modéré pour ne pas trop étouffer les autres espèces.


Figure1 : Lotier, très résistant au sec