Système de commercialisation : vente directe ou semi directe à 70 % (marchés, AMAP, magasins et particuliers) ; vente en gros (coopérative) des 30% restant, y compris les sous produits comme la laine.
SAU : 80 ha exploités en bio dont 70 ha de fourrages grossiers, 8 ha de céréales et légumes secs, 2 ha de lavande et lavandin et 0,5 de légumes de saison.
Cheptel : 150 brebis avec suite soit 11 UGB herbivores et 30 poules pondeuses
Main d’oeuvre : 1.5 UTH
Chiffre d’affaire 2009 : 50 000 euros
Energie totale consommée par an : 9 526 EQF
Energie totale consommée à l’ha : 119 EQF / ha de SAU
Deux premières énergies consommées : fioul puis gasoil routier
Emissions annuelles de GES (gaz à effet de serre) : 92 tonnes équivalent CO2 au total, soit 1.2 t eq CO2 / ha
Ludovic ESTEBAN s’installe le 1er janvier 2001 dans le cadre d’un CTE (Contrat Territorial d’Exploitation) conversion vers l’agriculture biologique.
Le troupeau atteint 350 brebis en 2003, ce qui permet au producteur de remplir une des obligations liées à l’obtention de la DJA (Dotation Jeune Agriculteur). Cependant des problèmes de foncier (diminution des terres en location), l’oblige à réduire progressivement la taille de son troupeau (200 brebis en 2006).
Le revenu est maintenu grâce à une valorisation en vente directe.
La conduite de l’élevage (phytothérapie et homéopathie vétérinaire), la qualité des pâturages de montagne et le croisement entre les races Mérinos et Charmoise donne une viande de qualité qui trouve de nombreux adeptes et facilite la vente directe.
Cependant pour maintenir durablement la viabilité économique de l’exploitation il faut trouver encore de nouvelles sources de revenu par la diversification.
En 2006 une première plantation de lavande est réalisée pour produire de l’huile essentielle.
Dés 2008 la diversification s’accélère, dans l’optique de créer un emploi supplémentaire sur l’exploitation (installation de Bernadette, conjointe de l’exploitant). De nouvelles plantations sont réalisées en lavandin et les premiers essais de production de légumes secs commencent (pois chiche, lentille).
Puis en 2009 et 2010 vont se concrétiser de nombreux projets : vente directe sur les marchés forains, culture de légumes de saison et élevage de volailles pour la production d’œufs, production d’électricité photovoltaïque avec le concours du Conseil Général, et enfin fabrication du pain avec les céréales produites par la ferme.
Le diagnostic utilisé sur les fermes de ce réseau a été mis au point par le GR CIVAM PACA et Bio de Provence. Il est basé sur le regroupement de deux diagnostics conçus par Solagro : DIALECTE, qui évalue le fonctionnement de l’agro système, et PLANETE, qui établit le bilan énergétique et l’impact de l’exploitation sur les gaz à effet de serre ; avec en complément des indicateurs sur la gestion de l’eau, un indice global sur la gestion des déchets, et enfin des indicateurs de durabilité économique et sociale (issus du RAD). L’ensemble de ces éléments permettent d’établir un plan d’actions global sur l’exploitation, garant d’une cohérence agronomique, environnementale et économique.
Energie
Energie consommée : 9526 EQF par an, soit 119 EQF / ha de SAU, ce qui la situe très en dessous de la consommation moyenne des fermes de référence de la base Planète en « Herbivores viande et culture ».

Les énergies directes représentent 71% de la consommation totale d’énergie :
La principale consommation énergétique de l’exploitation, c’est le fioul (3875 EQF/an). Elle correspond à l’énergie nécessaire au fonctionnement des tracteurs (1 ancien 2RM et 1 neuf 4RM), pour tous les travaux de semis (céréales, légumes secs, prairies), de travail du sol et de récolte (lavande, céréales, foin, paille). A ceci se rajoute les consommations occasionnées par les moissons (7% du fioul consommé est utilisé pour la moissonneuse en CUMA).
En deuxième position vient la consommation des « autres produits pétroliers » (2342 EQF / an). Ce poste correspond exclusivement au gasoil routier : déplacement du véhicule d’exploitation pour les trajets liés à l’approvisionnement (semences et plants bio à Aix en Provence par exemple) et aux trajets liés à la commercialisation en direct d’une partie de la production (3 à 4 marchés chaque semaine, tenue de stand dans plusieurs foires et livraisons mensuelles en AMAP.
Les énergies indirectes représentent 29% de la consommation totale : les principales consommations indirectes sont l’énergie entrant dans la fabrication du matériel et des bâtiments (respectivement 1334 et 779 EQF/an).
Energie produite : 12197 EQF par an. Elle correspond à l’énergie contenue dans la viande, la lavande et les céréales produites.
Efficacité Energétique : (énergie produite/énergie consommée) = 1,28 (ce qui situe la ferme au dessus des références Planète en élevage mais en dessous des références en grandes cultures).
<Gaz à Effet de Serre (GES)

Au total 92 tonnes équivalent CO2 sont émises par l’exploitation chaque année, soit 1,2 t éq CO2/ha/an. La participation de l’exploitation à l’augmentation des GES semble faible comparativement aux références Planète par ha.
La production de CO2 (46%) est la principale contribution de l’exploitation sur l’augmentation de l’effet de serre. Cependant, elle reste en dessous des références.
La production de CH4 (28%) provient du troupeau ovin (11 UGB) présent environ 8 mois dans l’année sur l’exploitation (4 mois d’estive en 2009).
La production de N2O (26%) provient principalement de la fixation symbiotique des légumineuses et des déjections animales.
Diagnostic agri environnemental DIALECTE

Résultat du Diagnostic DIALECTE : 90/100 soit 14 point de plus que la note du groupe de référence.
Une diversité des productions végétales élevée (10 équivalents espèces, note 13/13). Elle est due à la part importante de prairies temporaires, naturelles et de parcours (87% de la SAU) et met en évidence une biodiversité intéressante sur les espaces utilisés par l’exploitation. De plus une dizaine d’hectares sont implantés en cultures de diversification (pois chiche, lentille, blé tendre, légumes et lavande).

Une bonne proportion de légumineuses dans la SAU (27%). Elles contribuent à la fertilisation en azote des sols.
Une bonne couverture du sol en hiver (100% de la SAU) du fait de la part élevée des prairies et parcours. Elle permet un recyclage permanent des éléments minéraux et limite l’érosion.
Le troupeau ovin est primordial dans le fonctionnement de l’exploitation car il existe de nombreux liens entre systèmes en cultures et en élevages : transfert de fertilité, valorisation des résidus de récolte, gestion des adventices par le pâturage, débroussaillage…
L’exploitation est autonome pour la production de fourrages grossiers et de concentrés, les stocks en fourrage étaient même excédentaires en 2009.
L’évaluation de la gestion des intrants fournie par Dialecte est excellente sur l’exploitation (30 points sur 30).
Seul bémol, la faible présence d’éléments naturels directement limitrophe des parcelles (haies, lisière de bois, arbres épars, bosquets…). Les infrastructures agro écologique ne représentent que 4% de la SAU.
Diagnostic eau
Les consommations d’eau sont dues à l’abreuvement des animaux ainsi que l’irrigation de plants de lavande et des légumes.
Gestion quantitative : L’irrigation est pratiquée par aspersion et au goutte à goutte sur l’ensemble de la sole maraîchère sur 1/2 ha. L’eau provient par pompage électrique d’un forage peu profond (25m). Lors du premier DAE (Diagnostic Agri Environnemental) réalisé sur la ferme en 2004, les consommations étaient quasiment inexistantes et principalement liées à l’abreuvement des animaux. Les prélèvements ont donc légèrement progressé du fait des activités de diversification. Ils sont aujourd’hui de 400 m3 / ha, ce qui reste très faible.
Gestion qualitative : La pression phytosanitaire est inexistante (utilisation d’une petite quantité de bouillie bordelaise et de biophytoz uniquement). Les risques de pollution par l’azote sont inexistants sauf peut être ponctuellement au niveau de la plateforme de compostage, lors de forts épisodes pluvieux.
Diagnostic déchets
Indice global de 1,7 sur une échelle de 0 à 15 (0 étant la meilleure note). : L’exploitation de Ludovic et Bernadette ESTEBAN est classée « exemplaire » concernant la gestion des déchets : Les déchets de culture sont broyés et réincorporés directement aux sols, les déjections des animaux en bergerie sont compostées sur une plateforme limitrophe, les déchets de tri des légumes sont en grande partie valorisés par les volailles.
Avec le développement de la vente directe sur les marchés, une partie des sacs utilisés étaient en plastique. La totalité de ces sacs sera remplacée en 2010 par leur équivalent en matière biodégradable. Cette action aurait également un effet pédagogique sur la clientèle.
Diagnostic socio économique
Le diagnostic fait apparaître une exploitation durable, à condition d’améliorer la viabilité économique.
Les points positifs : L’autonomie, qui traduit la dépendance globale vis-à-vis des achats extérieurs, ainsi que la capacité d’auto financement sont bonnes. L’exploitation ayant développé de nombreuses activités de diversification, le taux de spécialisation s’est nettement amélioré ces dernières années. Une bonne socialisation et une bonne qualité de vie viennent compléter ce tableau.
Les points négatifs : L’efficacité du capital est faible puisque les investissements lourds de l’installation ne sont pas encore amortis. Les contraintes structurelles sont fortes car la production ovine impose des charges de structure fortes pour une rentabilité faible. C’est pourquoi d’ailleurs la sensibilité aux aides est aussi importante (le but de ces aides étant de maintenir cette activité dans nos campagnes). L’efficacité économique est donc très faible (20%). Cet indicateur permet de mesurer la richesse créée par une exploitation. Les résultats moyens sont compris entre 30 et 50 % (Références RAD et INPACT PC).
Isolation du local de transformation (50 m2 de locaux) avec panneaux de fibres de bois pour améliorer les conditions de travail (pièce plus tempérée) et économiser de l’énergie de chauffage ou de climatisation. 100 EQF économisés /an
Réglage moteur et Rétrokit : Il est proposé de passer les 2 tracteurs au banc d’essai moteur mobile pour en optimiser le fonctionnement. L’installation d’un économiseur de carburant (« rétrokit nano ») permettra de réduire la pollution à la sortie du pot d’échappement et les consommations de fioul. 1020 EQF économisés /an
Mise en place de deux compteurs d’énergie triphasée un sur le moulin et l’autre sur le trieur. Ils permettront de suivre les consommations indépendantes de chaque appareil et de suivre les consommations du nouvel atelier.
Installation de 735 m² de panneaux photovoltaïques avec revente à EDF en couverture lors de la construction sur la toiture sud du nouveau hangar, soit une puissance installée de 99 KWc (kilowatt crêtes). Production de 129 357 KWh/an soit 33 374 EQF/an. 1307 KWh / KWc installé.
Construction d’un nouveau bâtiment en ossature bois :Pour développer les activités de diversification et la création d’emploi qui va avec, un nouveau bâtiment sera nécessaire pour mettre en route dans de bonne conditions la nouvelle activité de paysan boulanger. Construction d’un nouveau bâtiment à usage agricole de 800 m2 en ossature bois pour aménager un atelier de transformation. Le nouveau bâtiment sera entièrement fermé en bardage bois aura une surface de 800 m2, qui seront utilisé pour le triage du blé, le moulin, le stockage de la farine, l’atelier mécanique, le local de mise en flacon d’huiles essentielles (lavande et lavandin), mise en sachet de la farine et les légumes secs, le stockage des emballages vides et du matériel de marché. Enfin une grande partie sera réservé au stockage du matériel, de l’engrais, des « big bag » de légumes secs et de petit épeautre (nouvelle culture).