Améliorer les performances énergétiques des exploitations agricoles

Le Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations agricoles est un dispositif d’aide du programme de développement rural du FEADER (second pilier de la PAC). Retour ligne automatique
Le « PCAE 4.1.3 » a été mis en place pour limiter les émissions de CO2 et lutter contre le changement climatique. En œuvrant pour la réduction de la consommation d’énergie fossile au profit de l’énergie renouvelable, le PCAE a également pour but d’améliorer la compétitivité des exploitations agricoles.

Des subventions pouvant aller jusqu’à 70%

Après une sélection des dossiers (l’enveloppe allouée étant limitée), les bénéficiaires du système d’aide peuvent profiter du financement de leur équipement pour les économies d’énergie et la production d’énergie renouvelable. Le montant maximum des dépenses subventionnables est de 40 000€ pour les exploitations agricoles et 150 000€ pour les CUMA. Le taux d’aide publique de base est de 40% avec des bonifications possibles (ex : +10% pour les jeunes agriculteurs, les zones défavorisées, les projets collectifs, les investissements liés à la bio, les GIEE et les CUMA).
Une liste d’équipements matériels est éligible pour l’activité agricole, par exemple :
- récupérateur de chaleur sur tank à lait,
- système de régulation lié au chauffage et à la ventilation des bâtiments,
- séchage en grange des productions végétales par utilisation d’une énergie renouvelable,
- isolation des locaux (hors bâtiment neuf),
- production d’énergie renouvelable de type éolienne, biomasse, énergie solaire ou autre.

Certains investissements immatériels comme les études techniques ou le diagnostic énergétique sont également éligibles.

Un diagnostic énergétique préalable est obligatoire.

L’accès aux aides à l’investissement pour les économies d’énergies est conditionné par la réalisation d’un diagnostic énergétique. Ce diagnostic doit être mené par des personnes agréées par la Direction Départementale des Territoires et de la Mer. Votre conseiller énergie lié à l’IRAEE est habilité à le faire et vous trouverez ses coordonnées sur www.jediagnostiquemaferme.com
Le diagnostic énergétique fait un bilan sur une année donnée de toutes les consommations d’une exploitation, aussi bien les énergies fossiles directes (fioul, gasoil, électricité, gaz) que les énergies indirectes (intrants, matériels et bâtiment). Il évalue également les émissions nettes de gaz à effet de serre et le stockage du carbone dans les arbres, les prairies, les haies…
L’étude permet de repérer les postes les plus consommateurs ou émetteurs de ces gaz et d’indiquer là où les économies sont possibles.

Des exemples concrets : (Ces exemples sont particuliers car les 3 exploitations citées sont en site isolé. Bien entendu les aides du PCAE, sont ouvertes à toutes les exploitations.)

Dans le Var, un maraîcher biologique en circuit court a fait appel à l’IRAEE pour rendre sa ferme plus compétitive et performante en énergie. Le site d’activité n’est relié ni au réseau électrique, ni au réseau d’eau potable. Sur cette exploitation de 3 parcelles éloignées où sont produites des cultures très diversifiées, le maraîcher est obligé de faire beaucoup de déplacements depuis son lieu d’habitation jusqu’aux différents sites de production, notamment pour assurer un système de pompage ambulant avec un groupe électrogène.
Le diagnostic a révélé que 80% de la consommation d’énergie en essence et gasoil, était liée au pompage de l’eau d’irrigation et aux nombreux déplacements.
Les actions d’amélioration envisagées conjointement par le diagnostiqueur et l’agriculteur concernent :
- la mise en place d’une installation photovoltaïque en site isolé,
- l’aménagement d’une serre de production de plants en serre bioclimatique,
- la rationalisation des déplacements.

De ces trois investissements, seule l’installation photovoltaïque, d’un coût total de 17 400€ est éligible au PCAE. Cette installation de 3KWc permettra de réduire la consommation d’essence globale de l’exploitation de 60% ainsi que d’alimenter le groupe froid d’une petite chambre froide.

Autre exemple avec une agricultrice fromagère des Alpes-De-Haute-Provence dont la production bio est distribuée en circuit court via un réseau AMAP. Son exploitation est située en site isolé difficile d’accès et sans connexion possible aux réseaux d’eau et d’électricité. Installée de façon provisoire dans un mobil home, la fromagerie ainsi que la chèvrerie sont en cours de construction sur le site. Le profil énergétique de l’exploitation fait ressortir une consommation d’énergie qui est due pour 36% aux produits pétroliers (gasoil et gaz) et ce dans des conditions de travail difficiles. Cette consommation causée par le transport de marchandises, l’approvisionnement, les déplacements fréquents et l’utilisation d’un chauffe-eau pour transformer les fromages, demande à être amélioré. Le diagnostic a donc fait ressortir les solutions suivantes :
- l’installation d’un chauffe-eau solaire à thermosiphon,
- la mise en place d’une installation photovoltaïque en site isolé,
- le regroupement des ateliers sur le même site de production.

Ces investissements sont pris en charge par le PCAE et ils permettront 10% de réduction de la consommation de gasoil, 70% de réduction de la consommation de gaz et une consommation en électricité annihilée.

Dernier exemple avec une agricultrice bio céréalière et boulangère en circuit court, qui dispose de 15 ha de SAU . Son site étant éloigné des réseaux d’électricité le besoin de créer de l’énergie sur place apparaît comme une évidence. La transformation du pain sur la commune voisine située à 10km, occasionne des déplacements fréquents. Le diagnostic a mis au jour que 34% de l’énergie consommée est liée à l’utilisation du fioul pour les tracteurs et la moissonneuse batteuse. D’autre part, 26% sont dus à la consommation de l’électricité pour la transformation du pain et 22% à la consommation de produits pétroliers utilisés pour le transport des marchandises.
Les actions d’amélioration envisagées sont donc :
- la mise en place d’une installation photovoltaïque en site isolé,
- la réduction des distances entre le siège social et l’atelier de transformation,
- la réduction des déplacements en tracteur,
- l’amélioration de la maîtrise de l’énergie via l’optimisation des réglages du tracteur.

L’installation photovoltaïque est subventionnée par le PCAE et permettra à la ferme de ne consommer que de l’électricité solaire renouvelable. Le regroupement des activités permettra quant à lui de réduire de 38% les consommations de gasoil. Il est à noter que l’installation d’un système de production électrique en site isolé oblige à surveiller au plus près ses habitudes de consommation. Il devient nécessaire de faire preuve de sobriété et d’efficacité, donc non seulement consommer de l’énergie propre, mais aussi en moindre quantité pour satisfaire un même besoin.

Si vous-même souhaitez améliorer les performances énergétiques de votre ferme, n’hésitez pas à contacter un conseiller IRAEE.
Si vous êtes impatient de savoir de quelles améliorations énergétiques peut bénéficier votre ferme, vous pouvez d’ores et déjà avoir un aperçu de votre situation en réalisant un autodiagnostic en ligne sur : www.jediagnostiquemaferme.com
Il ne vous prendra qu’une dizaine de minutes et de plus un tutoriel en vidéo peut vous guider pour encore plus de simplicité :

Pour plus d’information contacter votre conseiller :
Didier Jammes – Bio de Provence-Alpes-Côte d’Azur
04 26 78 44 41 – didier.jammes@bio-provence.org