Agribiovar lance un appel aux nouveaux maires
Chères nouvelles élues, chers nouveaux élus,
On scrute souvent les plans du ministère ou la PAC. Pourtant, ce sont bien vos communes qui décident au quotidien des politiques d’agriculture et d’alimentation : foncier agricole, eau, restauration collective.
Si votre programme municipal aborde la santé, les cantines scolaires sont incontournables.
L’alimentation déséquilibrée représente un coût estimé à 12 milliards [1] d’euros par an en France pour le traitement de maladies évitables (obésité, diabète, cancers). L’étude NutriNet-Santé [2] montre 25% de cancers en moins chez le quart de la population qui consomme le plus de bio. Pas surprenant alors que 63% des français se déclarent inquiets des effets de l’alimentation sur leur santé [3].
La cantine scolaire est l’outil le plus concret dont vous disposez : 375 000 repas servis chaque semaine à près de 75 000 élèves dans le Var, uniquement dans les écoles primaires. Grâce à la tarification progressive, personne n’est exclu. Mais en 2024, dans le Var, seulement 16% des établissements atteignent les objectifs de la loi EGALIM [4] (50% de produits durables dont 20% de produits Bio). Le bio reste socialement différencié, réservé aux plus diplômés. Vos cantines corrigent cette injustice : elles font de l’alimentation de qualité un droit pour tous les enfants puisque tout le monde mange ensemble, la même chose. Dans le Var, des communes très différentes, de Correns à Rocbaron en passant par Ramatuelle, montrent que atteindre, voire dépasser, les objectifs d’EGalim est possible.
Pour les agriculteurs du Var, vos choix en cantine ont un impact immédiat : la commande publique crée des débouchés stables et structure des filières complètes, de la production à la transformation, avec des emplois locaux durables.
Mais pour que ces débouchés existent durablement, encore faut-il que des agriculteurs continuent de s’installer en bio dans le Var. Vos leviers communaux sont concrets : préemption SAFER et baux ruraux/environnementaux longue durée pour libérer la terre ; zonage PLU qui protège les sols de l’artificialisation ; espaces-tests et clauses sociales sécurisent les nouveaux installés. Ces outils, ainsi que la création de débouchés via notamment les cantines, créent des filières bio complètes et accélèrent la transition agricole locale.
En poussant à l’installation d’agriculteurs en bio, ou en les aidant à le rester, surtout dans les zones sensibles (notamment autour des Aires d’Alimentation de Captages (AAC) pour aider à la dépollution de l’eau aux pesticides, ou encore à proximité des écoles), vous menez une véritable politique de santé publique [5]. Ce n’est plus seulement une histoire de produits dans les assiettes, mais de qualité de l’air, de l’eau et de l’environnement dans lequel vivent les habitants. A titre d’exemple, dans notre département, huit captages d’eau potable sont aujourd’hui classés prioritaires par l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse du fait de leur contamination aux pesticides et/ou aux nitrates. Du Pradet à La Garde, en passant par Saint-Cyr-sur-Mer et Hyères, les données de surveillance 2022-2025 sont préoccupantes. Sur ces huit sites, quatre voient encore leurs concentrations en pesticides progresser [6]. Jusqu’où ? Depuis 40 ans, 34 % des abandons de captage peuvent être imputés à une présence trop forte de particules nocives directement issues de l’activité agricole conventionnelle [7].
Dans des zones fortement viticoles comme le Var, l’exposition des riverains aux pesticides est une réalité documentée. L’étude PestiRiv [8] (Santé publique France / ANSES, 2025) montre une surexposition des riverains vivant à proximité des cultures, avec la présence de substances comme le glyphosate, ou le folpel. PestiRiv montre une exposition plus élevée près des vignes, et plus faible quand on s’éloigne des cultures ou quand la pression de traitement est moindre, donc une exposition réduite autour des sites en agriculture biologique. Plusieurs dizaines de communes du Var comptent une ou plusieurs écoles primaires parmi les 25 % les plus exposées de France aux pesticides [9].
Au-delà de l’enjeu sanitaire, les traitements pour débarrasser l’eau potable des résidus de pesticides et de leurs dérivés sont de plus en plus coûteux et majoritairement supportés par les collectivités, donc par les contribuables. Selon un rapport du Sénat de 2025, les augmentations tarifaires liées à ces traitements représentent entre 36 et 48 euros supplémentaires par an sur la facture d’eau d’un foyer moyen [10]. Une agriculture sans pesticides ni engrais de synthèse n’est pas qu’un choix environnemental ou éthique, c’est un choix rationnel et économique. Mieux vaut prévenir à la source que subir ensuite une dépollution curative.
Vos nouveaux mandats sont une opportunité unique : lancer des projets structurants qui produisent des effets immédiats et des économies durables sur des décennies. AgribioVar et ses partenaires ont l’ingénierie et l’expertise pour transformer votre volonté politique en actions concrètes sur le terrain.
Lire l’artcile de Var Matin : « Plusieurs dizaines de communes du Var comptent une ou plusieurs écoles primaires parmi les 25 % les plus exposées de France aux pesticides » : l’appel aux maires varois pour « créer des filières bio »
[1] L’injuste prix de notre alimentation, Le Basic, 2024.
[3] Agence Bio et Observatoire Société & consommation “Baromètre des produits biologiques en France”, 2025.
[4] Ma Cantine, 2024, Var
[5] ARS PACA, “La protection des captages et la préservation de la ressource : Les solutions les plus pertinentes sur le long terme sont sans aucun doute celles qui visent à agir à la source du problème, c’est-à-dire les actions de réduction de l’utilisation des pesticides https://www.paca.ars.sante.fr/eau-du-robinet-0
[6] Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse. (2025). Etat de la contamination par captage—Accès par liste. https://qualite-eau.eaurmc.fr/rapports/captages-prioritaires/selection.html
[7] Jacquot, G. (2025, mars 25). Pollution de l’eau : Les sénateurs PS veulent interdire l’usage des pesticides à proximité des points de captage. Public Sénat. https://www.publicsenat.fr/actualites/environnement/pollution-de-leau-les-senateurs-ps-veulent-interdire-lusage-des-pesticides-a-proximite-des-points-de-captage
[8] Dereumeaux, C., Fillol, C., Goriah, S., Szego, E., Tagne-Fotso, R., Saoudi, A., Vérène, W., & Zeghnoun, A. (2025). PestiRiv : Étude d’exposition aux pesticides chez les riverains de zones viticoles et non viticoles. Tome 2 : Résultats d’imprégnation biologique (p. 286). ANSES, Santé Publique France.
[9] Aubert, R. (2025, décembre 18). Votre école est-elle soumise à une forte « pression pesticide » ? Explorez notre carte. Le Monde. C’est le cas de l’école des Borrels à Hyères ou de l’école maternelle Oswald à La Londe. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/12/18/votre-ecole-est-elle-soumise-a-une-forte-pression-pesticide-explorez-notre-carte_6658475_4355771.html
[10] Gillé, H. (2025). Rapport sur la proposition de loi visant à renforcer la protection des ressources en eau potable contre les pollutions diffuses (No. 691). Sénat.

AGRIBIOVAR
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Maison du Paysan
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