GIEE Clim’Alim

Animé par Agribio 05, le GIEE Clim’Alim, en phase d’émergence, rassemble des éleveurs hauts-alpins autour d’un même objectif commun : diminuer la vulnérabilité climatique et économique de leurs systèmes d’élevages bio en renforçant leur autonomie alimentaire.

Contexte

Le réchauffement climatique mondial est sans équivoque et particulièrement notable en zone de montagne. Depuis la fin des années 1980, une augmentation des évènements de sécheresse perturbe les systèmes de polyculture-élevage des Alpes du Sud et amène les éleveurs à s’adapter.

Nombre d’entre eux se convertissent à l’Agriculture Biologique et ont pour principale préoccupation l’autonomie alimentaire comme seule garantie face aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés. Dans ce contexte il est de plus en plus difficile de garantir un revenu décent de son activité et d’honorer ses factures.

L’autonomie alimentaire apparait comme la clé de voute d’un système d’élevage plus durable et plus viable. Pour gagner en autonomie et sécuriser sa ferme, il devient essentiel de maîtriser sa production de fourrages et limiter l’achat de fourrage et de concentrés extérieurs.

Les facteurs influençant l’autonomie alimentaire sont nombreux : contexte pédoclimatique qui détermine les potentiels de rendements et les possibilités de cultures, les éléments structurels de l’exploitation (composition de la Surface Agricole Utile (SAU), accessibilité, part de SAU labourable), ainsi que les choix techniques réalisés (types de production, système fourrager, niveau de chargement, …).

Des études récentes ont émis des hypothèses intéressantes concernant l’adaptation des exploitations d’élevage face au changement climatique. Ainsi, la consommation de concentrés rendrait plus vulnérable les systèmes face aux aléas climatiques, l’autonomie serait favorisée par un assolement diversifié, l’herbe garantirai l’autonomie et limite la sensibilité aux aléas climatiques. La priorité est donc de mettre en adéquation les besoins des animaux et les ressources présentes sur l’exploitation.

Ce collectif est né de discussions lors de formations, de journées techniques, et de rencontres entre adhérents de la marque Esprit Parc National. La motivation est née chez un petit groupe d’éleveurs de formaliser ces échanges pour trouver des solutions techniques permettant de diminuer l’impact des années sèches sur leur activité et la rentabilité de leur exploitation.

Composition du groupe :

Les 5 exploitations du noyau fondateur sont concentrées sur les territoires du Gapençais et du Champsaur, dans un rayon de 50 km les unes des autres. Le groupe comporte deux exploitations en vaches laitières et trois exploitations en brebis viande.

Les cinq sont en agriculture biologique. Sur les cinq exploitants, 2 sont bien expérimentés. Ils ont le désir de transmettre leur expérience. Les 3 autres sont des exploitations plus jeunes, avides d’échanges et de conseils techniques. Quel que soit leur niveau d’expérience pourtant, les 5 éleveurs sont désemparés devant les aléas climatiques de plus en plus remarquables et les températures toujours en hausse.

Certains ont déjà expérimenté des nouvelles pratiques sur leur exploitation et participé à des formations, mais ils ont tous la motivation et la nécessité d’aller encore plus loin sur la diminution de la vulnérabilité climatique et économique de leur exploitation. La diversité d’expériences et des pratiques mises en place sur les 5 exploitations est la force de ce groupe.

Pratiques, techniques et leviers dont la mise en œuvre est envisagée dans le futur projet

Plusieurs leviers d’action sont mobilisables dans l’objectif d’améliorer les performances économiques, environnementales et sociales :
• Augmenter les ressources sur les exploitations
- Optimisation du pâturage (pâturage tournant dynamique, observation du stock d’herbe, améliorer l’accessibilité des parcelles, créer des conditions optimales pour les animaux avec le maintien ou l’installation de haies…)
- Créer de la surcapacité fourragère (stocker pendant les bonnes années au lieu d’augmenter le chargement ou de vendre, séchage en grange, …)
- Implanter des espèces prairiales adaptées aux conditions climatiques et favoriser l’échange de semences paysannes
- Allonger la durée de vie des prairies temporaires
- Lutter contre le phytonome de la luzerne
- Bien gérer son compost à la ferme et la fertilisation de ses prairies pour optimiser ses rendements
- Implanter des mélanges céréales-protéagineux (augmenter la production d’énergie et de protéines sur la ferme, sécuriser les rendements, double utilisation possible en fourrage ou grain, …)
- Optimiser les rendements en céréales en améliorant la gestion des adventices en AB

• Diminuer les besoins sur les exploitations
- Pour les laitiers : allonger la période de tarissement ou pratiquer la monotraite lorsqu’il n’y a pas assez de ressources sur l’exploitation en réaction à un aléa climatique
- Produire sans concentrés
- Anticiper les réformes, diminuer le taux de renouvellement

• Adapter son troupeau aux ressources de l’exploitation
- Sélectionner par croisements
- Adapter les périodes de mises bas

Premières actions envisagées :

1. Novembre 2020 : Élargissement et consolidation du collectif – Réunion 1
- Réunion de lancement : présentation de la thématique, du contexte, des enjeux. Validation de la composition du groupe. Présentation des exploitations

2. Décembre 2020 : Choix collectif de la méthode de diagnostic – Réunion 2
Une seconde réunion du collectif aura pour objectif de :
- Visite d’une seconde exploitation du collectif
- Consolider le groupe avec une présentation détaillée de chaque exploitation par les éleveurs eux-mêmes, de leurs attentes, leurs besoins, leurs craintes.
- Présenter les méthodes de diagnostic existantes et en choisir une qui leur correspond

3. Décembre 2020 à Février 2021 : Diagnostic de durabilité de chacune des exploitations – Réunion 3
- Suite au choix de la méthode, les diagnostics seront réalisés pendant l’hiver, entre décembre 2020 et février 2021 par l’animatrice
- Réalisation d’un compte-rendu individuel pour chaque exploitation + synthèse collective
- Réunion 3 : Présentation de la synthèse des diagnostics, mise en avant des thématiques prioritaires à aborder sur le moyen terme, lister les partenaires potentiels.

4. Mars 2021 : Rencontre des partenaires – Réunion 4
- Réunion commune entre tous les partenaires listés et les membres du collectif.

5. Avril-Mai 2021 : Définition, validation et rédaction du projet agroécologique du collectif - Réunion 5

Actions pressenties suite à la phase d’émergence :

-  Formations et échanges entre producteurs, conseillers, techniciens de coopératives, vétérinaires
-  Mise en place d’expérimentations sur les prairies multi espèces et les mélanges céréales/protéagineux
-  Travail sur les coûts de production avec l’intervention d’un comptable
-  Journées techniques et d’échange sur les exploitations
-  Création de fiches techniques diffusables