Interview : Agnès Papone, productrice d’oeufs et légumes dans les Alpes Maritimes

Dans le cadre d’une campagne de communication pour la SCIC Manger Bio en Provence, nous avons réalisé une série d’interviews de producteurs, transformateurs et collectivités.

Voici le témoignage d’Agnès PAPONE, productrice d’œufs et de légumes bio à la ferme Lavancia à Puget-Théniers dans les Alpes-Maritimes.

Pouvez-vous nous présenter votre ferme, depuis votre arrivé jusqu’à aujourd’hui ?
Notre ferme était autrefois une ferme familiale. Quand nous sommes arrivés le site était à l’abandon depuis une cinquantaine d’années et nous l’avons ramené à la vie en 2009. Dès lors, nous avons produit en bio, c’était une évidence pour nous.
Aujourd’hui, l’exploitation est séparée en deux entités distinctes, une partie est plutôt axée sur le maraîchage pour environ 40 variétés de légumes, ce sont nos deux associées qui s’en occupent, et l’autre partie est consacrée à l’élevage de nos 720 poules, que mon mari et moi gérons. C’est lors de la commercialisation que les deux entités se regroupent car je me charge de pré-vendre aussi bien les légumes que les œufs. Nos produits sont vendus uniquement en circuit courts aux particuliers, collectivités, restaurants, magasins spécialisés en bio…

Depuis quand êtes-vous en bio ? Qu’est-ce que la bio apporte en plus selon vous ?
Nous sommes en bio depuis le début, pour nous, c’était une conviction fondamentale. Cela nous est apparu tout de suite comme une évidence. Nous voulons produire une alimentation de qualité, saine pour l’homme et respectueuse de l’environnement.

Depuis quand avez-vous commencé à fournir les collectivités ? Pourquoi ce choix, quel est l’objectif ?
Nous avons commencé à fournir les collectivités il y plusieurs années avec Agribio 06 pour la cuisine centrale de Nice. Ce projet mené par Agribio 06 a cessé par la suite. C’est seulement en janvier 2021 que nous avons recommencé à vendre nos produits à la restauration collective, cette fois-ci par l’intermédiaire de Manger Bio en Provence.
Vendre aux collectivités nous permet de faire de la pédagogie sur la production locale, de rappeler aux élus et aux acheteurs que des petits producteurs bio et locaux comme nous existent. Ça nous permet de nous revaloriser surtout pendant des périodes comme celle du confinement où la population s’est davantage tournée vers le local. Mais c’est aussi un avantage commercial direct car nous avons des commandes régulières, presque annuelle pour les œufs. Ce débouché est très sécurisant pour nous, une part de notre production leur est dévolue. Sur deux semaines, 5 jours de pontes est réservée à Manger Bio en Provence. Cela représente 2520 œufs toutes les deux semaines. Nous sommes d’ailleurs leur plus gros fournisseur d’œufs bio.

En quoi votre collaboration avec Manger Bio en Provence vous a aider à fournir la restauration collective ?
La coopérative Manger Bio en Provence nous aide surtout à avoir des clients que nous n’aurions pas eus sinon comme le Secours Populaire (interview à retrouver ici). Pendant la crise Covid, nous avions déjà démarché Manger Bio en Provence pour leur vendre des œufs, cela nous a permis de centraliser une grande partie de notre production en ayant une simplicité et une ergonomie de travail bien appréciables. L’organisation d’une commande se fait très rapidement, il n’y pas de contrainte administrative, ils nous passent leurs commandes et si nous sommes en mesure de la couvrir cela se fait directement.
Nous avons toujours trouvé des prix à la hauteur de nos attentes, en particulier les œufs et les concombres mais aussi des courgettes, de la cébette, des salades et de la blette.

Est-ce que vous conseillerez aux autres producteurs d’aller vers le débouché de la restauration collective ?
La restauration collective est un débouché sûr, fiable et lisse. Cela nous permet d’avoir la certitude que nos produits seront vendus, c’est un réel confort. Tout ce que nous produisions nous les leur proposions, en particulier beaucoup de concombre l’été, et ils nous achetaient pratiquement toute notre récolte. C’est vraiment sécurisant.

Propos recueillis par Kristell Gouillou et Matthis Garnier