Interview : Baptiste Arnaud, maraîcher bio à Lambesc dans les Bouches du Rhône

Dans le cadre d’une campagne de communication pour la SCIC Manger Bio en Provence, nous avons réalisé une série d’interviews de producteurs, transformateurs et collectivités.

Voici le témoigne de Baptiste Arnaud, maraîcher bio pour la ferme EARL La Bazine à Lambesc dans les Bouches du Rhône.

Pouvez-vous nous présenter votre ferme, depuis votre arrivée jusqu’à aujourd’hui ?
Je suis installé depuis deux ans dans une ferme familiale que mes parents ont achetée il y a plus de 30 ans maintenant. Cette ferme a toujours été en production bio. L’exploitation est principalement maraîchère (environ 90%), le reste est réparti entre la production de raisin de cuve et d’huile d’olive. Nous avons au total 1,5 hectares de serre et 8 hectares de pleins champs. Nous sommes actuellement trois associés familiaux, et nous avons entre trois et cinq salariés selon la saison.
Depuis maintenant 4 ans, je suis collaborateur de Provence Languedoc Bio, un groupement de producteurs situé à Châteaurenard. Cette coopérative a pour objectif d’unifier la commercialisation des produits, principalement des fruits et légumes des maraîchers et arboriculteurs locaux. Cela permet de proposer une gamme développée pour nos clients. Nous sommes actuellement huit sociétaires, nous étions six lors de la création, il y a 4 ans de cela.

Qu’est-ce que le bio apporte en plus selon-vous ?
Nous sommes en bio depuis le début, c’est une conviction de départ qui est motivée tout d’abord par la préservation de la vie des sols par la non-utilisation de produits phytosanitaires. Nous voulons favoriser leur durabilité afin que les générations futures puissent en profiter.

Depuis quand fournissez-vous les collectivités ? Pourquoi ce choix, quel est l’objectif ?
Nous avons commencé à fournir nos produits pour la restauration collective par l’intermédiaire de notre coopérative Provence Languedoc Bio qui a débuté un partenariat avec Manger Bio en Provence courant 2020. Nous avons tout de suite été conquis par le parcours de Manger Bio en Provence, c’est pourquoi nous avons voulu faire partie de leur aventure.
Pour nous, le débouché de la restauration collective nous permet de représenter nos valeurs de respect de l’environnement et de bien-être. C’est d’autant plus important pour les cantines scolaires car, aujourd’hui, les enfants n’ont pas toujours la chance de manger des bons produits, en particulier des produits bio. Nous ne voyons donc pas les collectivités seulement comme un moyen de développer notre commerce, c’est aussi et surtout pour les valeurs qu’il représente. C’est aussi une façon de concurrencer le marché national grâce à un travail collectif entièrement géré par des producteurs bio et locaux. Et cela commence simplement par l’approvisionnement de produits de base comme les pommes, les carottes ou encore les pommes de terre. Ce sont, aujourd’hui, la majorité des produits que nous leur fournissons, des produits simples mais particulièrement appréciés en restauration collective.

Est-ce que vous conseilleriez aux autres producteurs d’aller vers le débouché de la restauration collective ?
Bien sûr, car il y a énormément de place dans le débouché de la restauration collective. Le marché est monopolisé par les grosses entreprises et c’est à nous, producteurs bio et locaux, de nous diriger vers ce débouché pour récupérer une place de plus en plus importante.

Propos recueillis par Kristell Gouillou et Matthis Garnier