Interview : Sébastien Gailet, arboriculteur bio dans les Bouches-du-Rhône

Dans le cadre d’une campagne de communication pour la SCIC Manger Bio en Provence, nous avons réalisé une série d’interviews de producteurs, transformateurs et collectivités.

Voici le témoignage de Sébastien Gailet, arboriculteur bio à la ferme SARL Apple & Co située à Saint Andiol dans les Bouches-du-Rhône.

Pouvez-vous nous présenter votre ferme ?
Notre exploitation est une structure arboricole familiale au cœur de la Provence, je fais d’ailleurs partie de la 5ème génération sur les mêmes terres. J’ai rejoint l’exploitation en début d’année 2014 après une école d’ingénieur agronome et avec la volonté de continuer de produire avec valeurs des pommes et des poires de qualité tout en respectant l’environnement. Aujourd’hui, nous produisons des pommes sur 40ha, des poires sur 8ha et nous avons environ 25ha de prairies permanentes sur lesquelles nous faisons du fourrage que nous revendons à des éleveurs.

Depuis quand êtes-vous en bio ? Qu’est-ce que la bio apporte en plus selon vous ?
Mon père a lancé les premières conversions en bio à la fin des années 2000. Sur une exploitation où nous produisons des pommes en résidus contrôlé destinées à l’alimentation infantile, il s’agissait d’une suite logique où nombreuses pratiques utilisées en bio étaient déjà mises en pratique. Cependant, avec l’augmentation massive des conversions en bio ces dernières années, l’offre devient plus importante que la demande dans la plupart des secteurs alimentaires bio. Cela complique les ventes et dégrade dangereusement le prix de vente des fruits et légumes.

La bio est un mode de conduite qui nous apporte beaucoup et nous impose de repenser nos itinéraires techniques. Nous voyons le sol s’améliorer considérablement, il y a plus de vie, moins de compactage, etc. Nombreux choix faits en bio sont aujourd’hui utilisés en conventionnel comme le désherbage mécanique, l’éclaircissage mécanique, l’utilisation de barrière physique, etc.

Depuis quand avez-vous commencé à fournir les collectivités ? Pourquoi ce choix de débouché, quel est l’objectif ?
J’ai commencé à fournir les collectivités depuis que nous conditionnons, c’est un atelier assez récent sur notre exploitation. L’objectif est de valoriser les petits calibres de pommes auprès d’un public large tout en ayant un fort ancrage dans le territoire local. J’aime l’idée de fournir les cantines en apportant un bon produit, une belle découverte aux enfants de notre région. D’autant plus que les pommes que nous avons d’août à mars et les poires, d’août à novembre, sont des fruits simples mais aimés par beaucoup.

En quoi votre collaboration avec Manger Bio en Provence vous a aidé dans cette démarche ?
C’est un réel soutien pour nous car il est très compliqué à notre échelle de répondre en direct à des appels d’offres, d’autant plus lorsque nous sommes en concurrence avec des producteurs proposant des prix beaucoup plus faibles. Manger Bio en Provence s’occupe dans ces cas-là d’expliquer aux acheteurs la raison des différences de prix par rapport à des pommes bio espagnoles par exemple.
Mais c’est aussi sur le plan logistique que leur aide est primordiale. Nous ne pourrions pas gérer toutes les livraisons sur une année entière sachant que les commandes des collectivités sont irrégulières en termes de quantité et qu’elles ne correspondent pas forcément à notre stock.

Est-ce que vous conseilleriez aux autres producteurs de fournir les collectivités locales ?
Evidemment, je ne peux que le conseiller au vu de mon expérience positive pour ce débouché. A mon sens, la façon la plus simple pour le faire est d’avoir une centralisation des commandes et une gestion des calendriers d’approvisionnement. C’est ce qu’offrent des structures comme Manger Bio en Provence qui peut compter sur ses producteurs pour fournir les collectivités.

Propos recueillis par Matthis Garnier