Portrait d’agriculteur.ice.s : Patrick Augier
Découvrez nos agriculteurices et leurs parcours ! Rencontrez à travers un court reportage le quotidien et les convictions des producteurices en bio dans le Vaucluse.
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Une évidence familiale : "Je ne vois pas l’agriculture autrement"
Installé à Saint-Saturnin-lès-Apt, Patrick Augier a repris l’exploitation de son père en 1996, dans le respect de l’agriculture biologique qu’il a toujours connue. « Le conventionnel, je ne le considère même pas comme de l’agriculture », affirme-t-il. Pour lui, continuer en bio n’a jamais fait débat : c’était une évidence, presque un héritage.
Après un BEP agricole et un passage par l’armée (terminée en 1995), rapidement, il acquiert des terres proches du site familial pour développer son propre espace de production. Une décision qu’il salue aujourd’hui : « Avec le recul, c’était une bonne décision. »
De la reprise à l’installation : des années de construction
Les débuts ne sont pas simples : grêle, gel, sécheresse… les aléas climatiques marquent ses premières années. En 2000, Patrick et sa femme Marina achètent 5 hectares et construisent un hangar et une maison. « En un an, tout a changé », se souvient-il. En 2006, ils créent l’EARL pour structurer l’exploitation.
Aujourd’hui, l’exploitation compte :
7 ha de raisin de table
13 ha de raisin de cuve
2 ha de cerisiers
1 ha de pommiers
0,5 ha d’oliviers
1,5 ha de courges, potimarrons et butternuts
20 ha de céréales
Avec les années, il a agrandi le local de stockage. Aujourd’hui, il possède 7 tracteurs, allant du modèle historique de 1965 aux équipements modernes.
Une ferme familiale bien rodée
Patrick travaille avec son fils, devenu associé en 2017, et Marina, salariée depuis 2001. Il gère la clientèle et le personnel. Elle, l’administratif.
La vente se fait principalement en gros, à une vingtaine de clients grossistes. Patrick note l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels : « Des petites chaînes qui s’apparentent à des épiceries de quartier. » qu’il apprécie.
L’exploitation fonctionne avec une équipe de saisonniers : 4 dès mi-avril, puis jusqu’à 15 en juin. Les raisins de table, à eux seuls, nécessitent six personnes.
Produire sous contraintes : climat, filets et rentabilité
Les aléas climatiques sont toujours présents, mais les pratiques évoluent : trois quarts des cultures sont désormais sous filet. « Ça protège des sangliers », précise Patrick. Il est aussi possible de demander des aides.
Côté rentabilité, le constat est lucide : « Pour que ce soit rentable, il faudrait faire 500 heures par mois. On en fait 300. » Malgré le boom du bio entre 2015 et 2022, les chiffres d’affaires entre 2013 et 2023 ont été les plus bas. Mais pour lui, « parfois on a moins de récolte, et c’est un mal pour un bien ».
"La taille, c’est mon plaisir"
Ce qu’il préfère ? La taille. « C’est la chose que j’aime le plus. Me lever tôt, tailler, regarder le ciel se lever, puis se coucher en fin de journée… » En juin, malgré la charge de travail, il ressent un vrai plaisir : beaucoup de ventes, beaucoup de monde, beaucoup d’adrénaline.
Il accueille aussi de nombreux stagiaires pour transmettre, sans cacher la réalité : « On ne compte pas nos heures, c’est un métier qui demande de la passion. Mais il a du sens. ».
L’importance des réseaux et des associations
Patrick est très engagé dans plusieurs structures : SAFER, Terre de liens, Bio de Provence, la Confédération paysanne… et bien sûr Agribio 84, qu’il a rejoint il y a plus de 20 ans. Il y participe activement : journées techniques, formations, AG… Il est aujourd’hui membre du Conseil d’Adminisatration de Agribio 84.
« Ce sont ces structures qui permettent de s’informer, de sortir de son coin, de ne pas rester seul. L’échange, c’est fondamental. » Il souligne le rôle des animateur.trices, des autres membres, et l’impact sur la transmission des pratiques. « Quel est le sens si je ne parle pas d’agriculture ? »
Pour lui, Agribio 84 est une ressource précieuse pour les agriculteurs et agricultrices bio, un lieu de partage et de solidarité. « C’est l’intérêt des associations comme Agribio : elles nous permettent d’être au bon endroit au bon moment. »
Interview (du 16 juillet 2025), et rédaction par Perrine Hoffman, apprentie en communication d’Agribio 84.

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