Les systèmes céréaliers biologiques méditerranéens font face à d’importantes contraintes pédoclimatiques accentuées par le dérèglement climatique : sécheresses estivales de plus en plus précoces, phénomènes cévenols violents, érosion des sols et de la matière organique, sols superficiels et caillouteux à faible réserve utile… Ces contraintes, couplées à un manque de couverture des terres agricoles, des ressources de matières organiques limitantes et un travail du sol intensif indispensable à la gestion des mauvaises herbes sans herbicides, accentuent les phénomènes érosifs et la baisse de fertilité des sols agricoles en agriculture biologique.
Dans ce contexte, les pratiques de conservation des sols basées sur des principes de diversification, couverture et arrêt du travail du sol démontrent de plus en plus leur cohérence. Elles participent à limiter l’érosion des sols lors d’évènements climatiques extrêmes grâce à une meilleure stabilité structurale de surface, à nourrir le sol et son activité biologique par l’apport de biomasses et produits organiques réguliers et in.fine, à atténuer les effets plus larges du dérèglement climatique grâce au stockage de carbone. Le développement de ces pratiques est d’autant plus pertinent en région Sud-PACA où les aléas climatiques extrêmes et répétés impliquent une adaptation perpétuelle des systèmes agricoles.
Le développement de l’agriculture de conservation des sols reste cependant limité en contexte méditerranéen pour plusieurs raisons. La couverture végétale et les adventices non maîtrisées accentuent la concurrence hydrique et azotée rencontrée en système céréalier bio méditerranéen. Le développement de ravageurs type campagnols est accentué par le non travail du sol et peut dans certains cas entraîner d’importantes pertes de rendement. Les couverts végétaux sont difficiles à implanter en sec et leurs développements limités à cause des fortes périodes de sécheresses et de chaleurs estivales (< 3 t MS/ha en moyenne). Le choix des cultures en sec est restreint, limitant la diversité végétale dans l’assolement et la gestion des bioagresseurs (adventices, ravageurs etc.) par l’alternance cultures de printemps / cultures d’hiver.
Alors que les adventices et les couverts végétaux sont gérés par des programmes herbicides dans les systèmes sans travail du sol conventionnels (ACS), l’agriculture biologique de conservation (ABC) des sols doit innover et proposer de nouvelles stratégies d’itinéraires techniques de gestion des adventices sans désherbage mécanique avec un travail du sol minime.
Le manque de références locales étant le 2ème frein cité par les agriculteurs bio du territoire souhaitant réduire le travail du sol et développer les couverts végétaux sur leur exploitation, la création de nouvelles références techniques sur les systèmes de grandes cultures biologiques méditerranéens conduits en agriculture de conservation des sols nous semble indispensable pour répondre aux enjeux climatiques et agronomiques du territoire.
Le projet PACABC propose la mise en place d’une plateforme d’expérimentations longue durée conçue par et pour les agriculteurs : détails du projet et des actions à retrouver ici.
Contact : Clémence Rivoire / 07 44 50 30 67 / grandes-cultures@bio-provence.org
Le projet PACABC est financé dans le cadre de l’appel d’offre « Partenariat Européen pour l’Innovation » - Intervention régionale 77.01B – Volet mise en œuvre » de la programmation 2023 – 2027 du Plan Stratégique National FEADER.
Date de création : 27/11/2025